Détruire la graisse sans chirurgie esthétique, est-ce possible ?

La presse se fait écho de techniques non-invasives qui permettraient de détruire la graisse sans intervention chirurgicale. La dernière en date la cryolipolyse dont le principe est de “brûler” la graisse par le froid.

Que penser de la cryolipolyse ?

Le traitement consiste à placer une électrode de froid sur la peau de la zone concernée. Le froid traverse la peau et la graisse est congelée en profondeur. Cette graisse congelée doit ensuite être évacuée par l’organisme. Les séances —relativement pénibles à cause de la sensation de froid intense— durent une heure chacune et chaque séance ne permet de traiter qu’une zone à la fois. 

Si le principe de fonctionnement paraît simple, son efficacité reste largement à démontrer. En fait, seule une minorité de cellules graisseuses congelées est évacuée par l’organisme qui se trouve rapidement saturé. Les cellules non-éliminées —certes un peu diminuées en volume— stagnent dans la zone traitée. Ces cellules en état végétatif peuvent créer une nécrose appelée cytostéatonécrose qui se traduit par des nodules graisseux inertes. Ces nodules ne seront jamais évacués par l’organisme et deviennent dans certains cas palpables et visibles sous la peau.

Cryolipolyse : efficacité limitée, complications avérées

Je commence à voir en consultation des cas de cytostéatonécrose chez des femmes traitées par la cryolipolyse sur des zones étendues. Je constate des irrégularités et des nodules graisseux, notamment sur le ventre. Et je suis obligé d’intervenir pour réparer les dégâts et complications induits par la cryolipolyse .

De mon point de vue cette technique n’a pas été suffisamment validée scientifiquement et on ne dispose pas aujourd’hui du recul suffisant pour évaluer ses effets, risques et complications. Je ne la pratique pas et en tout état de cause je considère qu’elle devrait être réservée à des zones limitées et des surfaces restreintes : petites poignées d’amour, petit ventre. De façon à ce que l’organisme puisse éliminer toutes les cellules congelées.

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Les techniques nouvelles non-invasives sont abondamment relayées par la presse, elle-même poussée par le lobbying des fabricants de machine, toujours en quête de nouveaux débouchés. Je considère qu’il faut raison garder face à ces nouveautés dont le bénéfice est restreint pour les patientes. Aux patientes qui veulent supprimer des surcharges graisseuses je recommande la liposuccion chirurgicale, seule technique qui enlève physiquement la graisse, une fois pour toutes.

 la liposuccion chirurgicale est la seule technique qui enlève physiquement la graisse, une fois pour toutes

 la liposuccion chirurgicale est la seule technique qui enlève physiquement la graisse, une fois pour toutes

Pourquoi la chirurgie esthétique est irremplaçable ?


En tant que chirurgien-plasticien expérimenté je suis désireux de rétablir certaines vérités et d’expliquer à mes patientes et à un large public en quoi la chirurgie esthétique est irremplaçable. Prenons deux exemples que seule l’opération chirurgicale permet de resoudre efficacement : la surcharge graisseuse et le vieillissement du visage.

Surcharge graisseuse de la silhouette : lipolyses non invasives, cryolipolyse ou liposuccion ? 

Plusieurs techniques non-invasives comme les lipolyses par ultrasons, radiofréquence, chimiques ou encore la cryolipolyse ambitionnent de se substituer à la chirurgie et proposent de faire “fondre la graisse”. Le problème est qu’elles se heurtent en réalité à des limites.

Pour atteindre la graisse il faut traverser la peau. Or aujourd’hui les lasers radiofréquence et ultra-sons sont arrêtés par la barrière cutanée. Au mieux ils n’ont d’efficacité que sur la couche la plus  superficielle de la graisse et ne permettent pas de depasser une épaisseur de 3 mm.

Dans le cas de la cryolipolyse, une fois la graisse tuée par le froid, il faut que l’organisme puisse l’éliminer. Or ce n’est pas automatique. C’est d’ailleurs le reproche qui avait été fait à la lipolyse laser et avait abouti en son temps à son interdiction si elle n’était pas suivie d’une aspiration des tissus graisseux détruits. Le problème va se poser de la même façon avec cette technique très à la mode en ce moment, à coups de grand tapage médiatique, la cryolipolyse qui traite les cellules graisseuses par le froid mais ne les élimine pas du corps.

La liposuccion chirurgicale est la meilleure solution pour traiter la surcharge graisseuse : c’est la seule technique qui supprime la graisse parce qu’on l’enlève physiquement du corps en contrôlant le volume de graisse retirée.  Le stock de cellules graisseuses (ou adipocytes) est  donc  définitivement réduit par cette technique.

Vieillissement du visage : injections ou lifting chirurgical ?

Le vieillissement du visage associe 3 phénomènes physiques : perte de volume, glissement vers le bas des tissus (bajoues) et relâchement cutané. Les injections, si elles permettent de corriger la perte de volume, n’ont aucune action sur le glissement des tissus et le relâchement cutané. Seule la technique chirurgicale du lifting permet de repositionner les tissus, de retendre la peau et surtout de retirer l’excès cutané qui est toujours présent dans le processus de vieillissement. Autre avantage du lifting : les tissus sont replacés là où ils étaient avant que le visage vieillisse, d’où un résultat naturel, le visage n’est pas “gonflé” mais rajeuni. Ce qui n’est pas toujours le cas des injections, surtout quand elles sont répétées à l’excès.

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Qu’il s’agisse de surcharge graisseuse ou de vieillissement du visage, seules la liposuccion et le lifting chirurgical, apportent des résultats vraiment efficaces et durables !

Silhouette ou visage, choisir la chirurgie esthétique, pour un résultat efficace et durable

Silhouette ou visage, choisir la chirurgie esthétique, pour un résultat efficace et durable

Chirurgie esthétique des seins : progrès des implants en polyuréthane

J’ai participé à une table ronde entre chirurgiens plasticiens lors du récent congrès de la SoFCPRE (Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique) qui faisait le point sur l’utilisation des prothèses mammaires en polyuréthane. 

Les indications des implants mammaires en polyuréthane

Depuis quelques années lorsque je choisis des prothèses de forme anatomique j’utilise uniquement des prothèses en polyuréthane .

J’utilise préférentiellement des prothèses anatomiques dans les cas suivants : 

  • Quand mes patientes souhaitent obtenir des seins en forme de poire (recherche d’un résultat naturel).
  • Quand les seins sont vidés au niveau du pôle supérieur (du fait des grossesses et de l’allaitement). 
  • Quand les seins sont implantés bas sur un thorax long.

Alors que la prothèse anatomique en gel de silicone présente un risque de rotation après sa pose, l’implant anatomique en polyuréthane évite ce risque grâce à sa texture particulière qui produit une sorte d’effet “velcro” arrimant la prothèse aux tissus.

La fabrication des implants en polyuréthane a fait des progrès

La fabrication des implants en polyuréthane a fait des progrès et d’anciennes objections ne tiennent plus. Les implants en polyuréthane sont désormais plus souples et donc plus faciles à placer. Ils se retirent, si besoin est, aussi facilement que les classiques prothèses en silicone.
Par ailleurs, alors qu’il n’existait qu’un seul fabricant brésilien, il y a désormais plusieurs fabricants de prothèses en polyuréthane — notamment un fabricant allemand — ce qui permet d’avoir le choix et est un gage de fiabilité et de suivi.

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Enfin les prothèse mammaires en polyuréthane présentent d’autres avantages. Les études internationales montrent en effet qu’elles diminuent significativement le risque de “coque” (induration du sein dû à un rejet de la prothèse) et elles constatent globalement un taux de complication nettement plus faible.
Les prothèses en polyuréthane nous permettent aujourd’hui de répondre encore mieux aux souhaits des patientes dans certaines indications difficiles .

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Chirurgie esthétique des seins : progrès intéressants de la simulation 3D

J’utilise depuis deux ans un logiciel de simulation 3D (Crisalix) qui permet de montrer avant l’intervention le résultat escompté de la pose d’implants mammaires. Mes patientes peuvent visualiser plusieurs possibilités en termes de taille, de forme et de volume de prothèses mammaires. Je peux également leur montrer l’emplacement optimal que je choisis pour placer les implants en fonction de leur morphologie.
Trois progrès récents permettent de perfectionner l’utilisation de ce simulateur. 

Une simulation 3D adaptée à chaque morphologie de poitrine

Désormais le simulateur 3D s’adapte de façon plus fine à la morphologie de chaque patiente et à tous les cas de figure. Notamment quand les seins sont asymétriques, ce qui est assez courant. Ou quand les aréoles des seins sont divergentes ou convergentes ; ou encore quand les hauteurs de sillons sous les seins sont différentes.

Simuler la pose d’implants anatomiques en polyuréthane

La simulation est maintenant possible dans le cas des prothèses anatomiques en polyuréthane. J’utilise d’ailleurs de façon privilégiée les implants en polyuréthane quand il s’agit de poser des implants de forme anatomique (en forme de poire).

Simuler à la fois la pose d’implants et la correction d’une ptôse mammaire

Autre innovation majeure, on peut aussi simuler le résultat d’une augmentation mammaire associée à une correction de la ptôse (seins tombants). On peut visualiser la “remontée du sein”, avec et sans prothèses. Ce qui nous permet de déterminer si la simple correction de la ptôse est suffisante ou s’il faut l’associer avec la pose d’implants mammaires.

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Ces trois progrès récents du simulateur 3D enrichissent le dialogue avec mes patientes qui peuvent se faire une idée encore plus réaliste du résultat de la chirurgie esthétique des seins (video).

Chirurgie esthétique du visage et lifting au symposium Aston & Baker à New-York

Début décembre, j’ai participé au 33 ème symposium Aston & Baker organisé par ces deux grands chirurgiens esthétiques américains. Il rassemble tous les ans des chirurgiens plasticiens confirmés du monde entier désireux d’échanger lors de discussions d’experts. Thème principal de cette année : le rajeunissement du visage et les techniques du lifting.

Deux approches très différentes du lifting chirurgical 

A propos du lifting du visage, les débats ont mis en évidence le contraste entre les démarches américaine et européenne. 

L’approche américaine du lifting consiste en un véritable remodelage du visage. Concrètement la technique se traduit par une intervention importante avec une recherche de perfection pour un résultat spectaculaire. 

L’approche européenne — représentée par l’école française et l’école italienne — vise plutôt un rajeunissement harmonieux et discret. On ne cherche pas à transformer le visage. De ce fait le geste chirurgical est plus modéré.

Les attentes des patientes diffèrent des deux côtés de l’Atlantique

Aux Etats-Unis, il y a une recherche radicale de jeunesse. Le regard social est important et l’attente individuelle forte : la patiente américaine veut qu’on voit qu’elle a fait un lifting, qu’on le lui dise et elle aime être complimentée sur l’ampleur de la transformation. 
En Europe,  la patiente veut rajeunir avec naturel et de façon discrète. Elle préfère que le lifting ne se voit pas et qu’on remarque simplement comme elle a “bonne mine”.

Je fais bien sûr partie de cette école française du bon goût et de l’harmonie. Dans ma philosophie du lifting, la patiente doit conserver sa personnalité et l’expressivité de son visage, à la fois rajeunir et se reconnaître, se retrouver.

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Dans cette optique j’ai particulièrement apprécié mes échanges avec mon confrère italien le Docteur Giovanni Botti et l’intervention très remarquée de mon confrère belge, le Docteur Patrick Tonnard sur le lifting à cicatrice courte, associé à un lipofilling et à un traitement des cernes. Cette technique est très proche du “lifting doux” que je propose à mes patientes qui souhaitent un résultat naturel et véritablement esthétique.

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